Temple de la Pleureuse 

C'était il y a plus d'un an. Les eaux immémoriales ont commencé le soir, à me conter des histoires, dans les reflets de lune.
La colonne de Demeter, plantée dans la terre, d’où résonne le son des pierres, faisait apparaître la source magique. Son discret mouvement souterrain s'est peu à peu propagé partout. Remontant à la surface. En moi. Autour. Je l'ai écouté. Avec foi et concentration. La source devint un Ailleurs. Elle devint un fleuve. Un passage, pour revenir vers soi. En soi. Elle pleure. Isis et les autres. Et les larmes sont une eau si pure. Avec, j’ai nettoyé mon cœur, et le tien. Par dessus, j’ai versé des flacons d’amour, comme une myrophore, j’ai oint. 
Alors, je lui ai fait un temple, à la pleureuse. 
Elle prie sans cesse. 


crédit photo : Ayano Fukuoka


©Marine Aïello